5 de enero de 2012

Espèces (et) espaces, Madrid

Pendant mon séjour à Madrid, j'ai trouvé des choses insolites qui peuplent l'espace public pendant les fêtes.

En commençant par les gens. J'ai connu récemment un blog espagnol fauna mongola de Madrid qui analyse les spécimens humains étranges qu'on peut trouver à Madrid, en faisant leur dessin-portrait mais aussi leur description. J'ai reconnu tout-de-suite chaque élément, vérifiant non seulement leur existence mais aussi leur multiplication et prolifération en période de fêtes.

image du blog Fauna mongola de Madrid

Quel est le rapport de tout ça avec l'usage de l'espace public? Tout. Essayez seulement de bouger dans les rues de la capitale espagnole en contournant des gens avec des rennes sur la tête, des perruques de trans (ne me demandez pas quel est leur rapport avec Noël...) et enfants émettant des sons indescriptiblement aigus face au regard impassible de leurs parents, et dites-moi quel est l'usage qu'on peut faire de la rue, mis à part celui de chercher rapidement une sortie. D'autres pratiques de l'espace public, comme celles que je reprends dans ce blog, notamment déjeuner dans la rue, lire tranquillement ou patiner, ne me semblent pas compatibles avec la faune qui peuple le centre de la ville dans cette période. Soit tu fais partie de la fête et tu achètes, soit tu meurs.

En parlant d'acheter, un autre élément bizarre s'ajoute. J'ai participé il y a quelque temps au concours urbanacción pour proposer des idées d'occupation temporaire d'espaces vides dans les villes contemporaines. Les usages proposées devaient complémenter les activités existantes dans la zone. Entre les propositions des concourants, il y avait des aires de jeux pour enfants et/ou adultes, cinéma en plein air, terrains sportifs, expositions d'art, aires de repos...mais aucune (il y en avait plus de 300) comme celle que j'ai vu à Madrid dans un terrain vague bien connu par sa longévité: une galerie commerçante temporaire quelconque.

Évidemment ça devait être du commerce! Pour quoi dépenser de l'argent pour transformer des terrains vagues si on ne tire aucun "profit"? Comme si le bien-être des habitants n'était pas récompense suffisante pour si petit investissement. On ne pourrait pas faire des aires de repos pour les consommateurs fatigués? Personne ne pense aux grand-mères qui achètent les cadeaux de leurs petits-enfants? Elles auraient seulement la possibilité de se reposer dans un bar (en consommant)? Même moi, qui allait seulement dans une papeterie et dans la librairie Panta Rhei (que je vous recommande) j'ai dû m'arrêter me reposer auprès du seul arbre de Madrid auquel ils se sont daignés de mettre un bord suffisamment haut pour pouvoir s'y asseoir sans manger ses propres genoux (tel est le cas du solitaire arbre de la Place Callao dont le bord fait 15cm de hauteur).

Pour finir, je vous laisse un article (en espagnol, mais vous pouvez le traduire) du journal El Pais qui décrit la façon dont les espaces publics de Madrid ont été remodelées pour inclure la fonction commerciale et tirer profit (moyennant les taxes aux vendeurs, malgré des profits plutôt bas) et non pas pour le bien-être de ses usagers. Le truc incroyable, n'est pas que ça sorte seulement maintenant, même si ça fait longtemps qu'on se plaigne, mais qu'il n'y a plus de remède à cela. On devra sortir à nouveau déjeuner, comme "protestation pacifique".

15 de noviembre de 2011

Conférence journée de l'architecture, Bruxelles

Il y a deux semaines je suis allée à une conférence organisée par le Bouwmeester à propos de la  journée de l'Architecture de Bruxelles et Wallonie. 
Une des missions du Bouwmeester est celle de contrôler l'organisation des concours publics et privés d'envergure, depuis ses règles de participation jusqu'au jury de sélection. Ce thème, que j'ai déjà traité dans mon article précédent sur les concours en Espagne, est d'actualité en Belgique parce que, malgré un l'effort d'amélioration de l'ouverture de candidatures constaté depuis ces derniers années, il y a encore du travail quant à la transparence des processus.
La conférence de la journée de l'architecture avait donc pour mission montrer ces processus de concours, depuis son montage par les maîtres d'ouvrage, en passant pas la selection des propositions, jusqu'à la réponse finale des architectes et la construction.

Le projet de MDW Architecture pour la reconversion du site d'une ancienne savonnerie en appartements, proposait modifier le programme de base du concours en ajoutant une ludothèque et des équipements communs aux appartements. Quand j'étais étudiante, on nous disait qu'on pouvait faire comme les starchitects notamment Koolhaas qui proposaient souvent de changer le programme du concours mais en nous obligeant à motiver les raisons et expliquer comment, et non pas comme caprice. Dans le cas de la savonnerie qui nous occupe, les architectes ont beaucoup lutté pour intégrer les différents équipements aux appartements, comme dans un petit morceau de quartier. Le resultat semble être celui d'un ensemble de bâtiments où les gens se connaissent, partagent la zone de jeux et font ensemble leur lessive dans le salon lavoir commun. Ça à l'air bien intéressant en tout cas.
Muriel Desmet du bureau Architectes Associés nous mène dans une réalité bien différente. Son projet n'est pas le résultat d'un concours, mais d'un appel d'offre restreint parmi des bureaux choisis. Sa présentation programmée, lue froidement et d'affilée ne laisse pas beaucoup de place à l'imagination ou l'improvisation. Quoi qu'il en soit, le projet est intéressant parce qu'il lance le débat dans la salle sur le "soutenable", en proposant un bâtiment compact de grande performance énergétique et où chaque pièce de l'envelope est réalisée en atelier pour contrôler son efficience et standardisation.
Le projet de Agwa est plus amusant. Étant une transformation comme le premier, le programme ici est plus petit, se limitant à introduire des appartements et une crèche dans le volume d'un ancien garage. La soutenabilité du projet ici prend un nouveau aspect: le durable compris comme une partie d'un processus dans le quel on considère que démolir un bâtiment pour construire un volume quasi pareil ne serait pas très malin.
En ce moment charnière dans lequel on se prépare pour passer au passif en 2015, on se demande si à l'échelle de la ville, on ne pourrait pas travailler avec ce qui est déjà construit (qui pourrait être rénové) au lieu de penser en construire des nouveaux bâtiments, qui supposent une petite portion des travaux de construction à Bruxelles. La question sera lancé par plusieurs intervenants mais elle demeure sans réponse.

Et tout ça parce que beaucoup des interventions de la soirée on tourné autour de la question du durable. Si par cela on veut parler d'un certain degré de performance donné par des barèmes ou tableaux, on va trouver un concept trop abstrait, comme la norme en vigueur. Mais la question pourrait être plus large et intégrer la réflexion sur si, avant de construire un nouveau bâtiment à haute performance, il ne serait pas mieux de rénover un bâtiment existant.

C'est un peu la conclusion à laquelle je suis arrivée avec le mémoire de mon Master sur l'étude de conditions d'implantation d'écoles à Bruxelles: avant de se mettre à construire comme des fous, comme si d'une catastrophe naturelle s'agissait, il faut penser le "où" et le "comment" des implantations, et s'il n'y a pas de bâtiments existants (notamment les 1,6 millions de m2 vides de bureaux à Bruxelles) qui puissent accueillir la fonction scolaire. Je continuerai à vous raconter puisque ceci est le début de mon thème pour la thèse doctorale.

27 de octubre de 2011

Exposition Mind the gap, Madrid

Sur comment organiser des (bons) concours
Il y a une bonne semaine je suis allée à Madrid, à l'exposition Mind the gap organisée par l'ordre des architectes de Madrid, COAM. L'exposition rappelle les derniers 8 ans de concours gérés et organisés par l'agence d'organisation de concours de l'ordre, OCAM. Ce bureau de gestion avait été crée à une époque où les conditions des concours n'étaient pas très claires, ni très justes. Ainsi, l'agence s'occupe de la rédaction et contrôle du descriptif des concours, depuis ses bases jusqu'au type de désignation du jury. 
Quand j'étudiais encore, les concours d'architecture espagnols ne donnaient pas beaucoup de possibilités aux fraîchement diplômés. Les dossiers d'appels à projets ou concours n'étaient pas d'accès facile, les laissant souvent dans des copy centers avec des horaires douteux. Les références de travaux réalisés, nécessaires pour pouvoir se présenter au concours, limitaient l'accès aux moins expérimentés, ce qui arrivait aussi avec les concours avec invitation directe. L'agence de l'OCAM naquit en 2003 avec le propos de changer ce panorama. 
Avec ce mécanisme en place, on commençait aussi à l'école, poussés par des profs très jeunes, à se présenter à des concours. On apprend toujours des concours: voir comment des autres répondent (parfois mieux) au même programme, donne des pistes d'apprentissage. Mais pour ce faire il faut trouver facilement les résultats, sur internet ou publiés, comme fait l'OCAM avec des livres de compilation des meilleures projets présentés aux concours, pour pouvoir tirer des leçons. 

Ainsi, après 8 ans, l'image des concours espagnols, et par ce fait des architectes, a changé radicalement. Mais maintenant le problème n'est plus la transparence des concours, les difficultés sont de tout autre genre. Dans ces années de crise, comment garantir que les concours gagnés soient construits? Beaucoup de concours destinés à être construits s'arrêtent après le jury final. Les architectes espagnols réclament aujourd'hui des clauses qui lient le concours à son exécution (à moins qu'il ne s'agisse pas de concours d'idées). Il il a même ceux qui disent que aujourd'hui, vaut mieux rester deuxième que gagner le concours, parce que le deuxième a le prix et il est publié, mais il n'a pas les problèmes d'essayer de faire construire son œuvre. 

Le projet de Langarita y Navarro par exemple, était deuxième au concours pour la réaffectation des abattoirs de Madrid en centre d'Art. Mais pour moi c'est le meilleur. Et malgré ne pas avoir remporté le premier prix, ça leur a servi pour gagner un autre concours avec un projet similaire, pour le centre Medialab/Prado.
Mes bons amis Beatriz Lopez-Viedma y David Lubián ont gagné le concours pour un pavillon pour les Jeux Olympiques de Madrid. On ne sait pas s'il y aura des Jeux à Madrid, ni quand (la candidature pour 2016 étant perdue), mais on ne sait encore moins du sort qui attend à tous ces concours remportés. Aura-t-il un nouveau concours? Comment mettre à jour ce qui à été gagné il y a longtemps dans un autre contexte? Ce seront des questions sans réponse pour le moment. Moi en tout cas, je suis très contente d'avoir vu leur panneaux publiés dans l'expo. Dommage que les images soient petites et vous ne voyez pas le projet.
Dans ce sens, il y a des cas sympas dans cette expo, comme le stand du  COAM pour la feria de Construtec, de Uriel Fogué que si vous le voyez dans le panneau du concours, on dirait un photomontage naïf et irréel, mais en vrai ça donne très bien. Et ça c'est le point fort des concours bien faits: donner l'opportunité de construire aux jeunes. J'espère que le projet de mes amis suivra un jour le même sort, même s'il est beaucoup plus ambitieux.

L'exposition de Andrés Jaque, dans la même salle, démontre que ce qui paraît difficilement constructible, comme des maquettes de concept et volumes abstraits, est cependant faisable. Les maquettes valent vraiment la peine.  
 
 
En me référant à mon contexte belge, où les concours ne bougent pas beaucoup, le Bouwmeester (maître bâtisseur qui a pour mission l'amélioration de la qualité architecturale belge) est en train de faire à peu près la même chose que l'agence OCAM, s'inspirant dans des concours européens, mais principalement du Open oproep flammand. L'exposé de la journée de l'architecture au CIVA visait à nous mettre à jour sur la question. Je vous tiendrai au courant des évolutions dans ce sujet.

21 de octubre de 2011

Sur la personnalisation dans l'architecture, Ypenburg

Il y a une semaine je suis allée à Delft et j'ai visité le quartier de Ypenburg, qui en réalité fait partie de la Haye, mais il se situe à mi-chemin entre les deux villes.
Ce quartier de périphérie résidentiel est bien communiqué en transport en commun avec le centre de Delft, au contraire de ce qui est prévu dans les quartiers résidentiels espagnols où on attend d'avoir assez de "masse critique" pour commencer à mettre un bus. Il y a eu beaucoup de cas répertories sur la presse espagnole où l'on a appliqué le concept "mettons des appartements, et on verra après si on met des équipements et des transports". Ceux-ci sont le malheureux exemple de comment ne pas "créer de la ville": 
Le quartier de Ypenburg, conçu par les stararchitectes MVRDV, est formé par des tissus urbains bien différents. Mais autant entre les appartements, que entre les villes flottantes, ou entre les maisons colorées, les architectes jouent avec les espaces intermédiaires pour générer des lieux complémentaires avec l'habitat. Ainsi, non seulement l'architecture des maisons permet l'appropriation des espaces par l'usager, mais aussi la disposition urbanistique des bâtiments entre eux. Les espaces intermédiaires, ceux dont les architectes de l'École de Amsterdam nous parlent (Aldo Van Eyck principalement) prennent ici tout son sens: la ruelle-zone de jeux, les patios- zone de réunions, le parking-zone barbecue...
Le modèle basique des maisons flottantes, beaucoup moins publié que celui des Watervillas, est intéressant parce qu'il propose une rue (d'accès aux maisons, pas de trafic) qui sépare les maisons d'une zone mixte qui peut se convertir en chill-out type Ibiza, zone barbecue avec une panneau qui dit "welcome to my kitchen" ou débarras.  

Les maisons de Waterwijk (littéralement "quartier d'eau") ne se trouvent pas entre des canaux, mais dans un polder gagné à la mer et converti en quartier dense de ruelles piétonnes. Ses maisons ont plusieurs couleurs dû aux différents matériaux proposés, augmentant de cette façon le sentiment de différenciation. Malgré cela, les habitants doivent sentir qu'on ne les reconnait pas bien, et pour qu'on les trouve plus facilement, ils ajoutent des canards, oies, mouettes et d'autres animaux sur leurs corniches. Même des balcons vitrés, sans une claire fonction dans la maison, trouvent un usage comme vitrine des sculptures plus bizarres que je n'ai jamais vu (mise à part les Fallas de Valence en Espagne).
Peut-être qu'on jour cette mode de différentiation et customisation évoluera, à fur et à mesure que le quartier prenne une identité propre, grâce aux nouvelles générations qui créeront de ce quartier un morceau à part entière de la ville de la Haye. Les enfants ont ici le futur dans leurs mains, il suffit de regarder ces plaines de jeux, dans laquelle, même avec cette pluie, ça donne envie de jouer. 

La plaine de jeux a été crée par Carve, un bureau hollandais qui conçoit toutes les plaines de jeux où je jouerai quand je serai petite. Plus de photos sur mon flickr 


25 de septiembre de 2011

Voyage d'étude à Anvers, Belgique

Beaucoup de choses ont changé pour moi ce derniers temps. Le plus important, j'ai fini mon Master en Urbanisme et Aménagement du Territoire à l'UCL, et j'ai commencé comme assistante en Architecture et Architecture d'Intérieur à l'Académie Royale des Beaux Arts de Belgique

Mon mémoire du Master, sur les conditions de densification de l'offre d’infrastructures scolaires à Bruxelles, je vous l'expliquerai une autre fois. Maintenant je peux seulement vous raconter le voyage d'étude à Anvers que j'ai fait (en partie organisé) pour les étudiants de l'ACA. Ma partie concerne l'espace public, puisque j'ai fait la visite avec mes étudiants du cours d'Architecture suivis de ceux de Design Urbain. Pour ce faire, j'ai repris quelques aménagements que j'ai visité avec les gens de la formation en espace public [Pyblik] et d'autres qui ont été achevés récemment.

Le premier lieu visité est une petite place aménagée pour jeux divers, devant le bâtiment de la Bibliothèque Permeke. Le bâtiment rénové par Aequo, était avant un ancien garage Ford, ce qui produit des éléments curieux, notamment la rampe pour voitures qui à été convertie en escalier avec zone de consultation d'ordinateurs. À l'étage, la structure du toit reste visible et certains coins en contre-bas on été transformés en zone de lecture confortable.

Ensuite, nous sommes allés au renouveau quartier de Willemdock où plusieurs opérations immobilières ont vu le jour récemment. Le Museum aan de Stroom MAS est l'acteur clé des opérations, étant à la fois lieu "visible" de Anvers (effet Bilbao) et lieu pour voir le quartier, grâce à sa terrasse sur le toit. Les verres courbés qui referment les coins et les salles d'expositions avec des scénographies très bien montées nous ont laissé impressionnés. D'autres détails comme la façade (avec des petites mains en métal pour commémorer les contributeurs) ou l’aménagement le la place en bas de la tour nous ont laissé un peu froids. En tout cas c'était impressionnant de voir en vrai le projet que je connaissais en maquette dans ma toute première revue de El Croquis que j'ai eu: celle de Neutelings et Riedijk, les auteurs du projet.


Après cela, on a visité le Spoor Nord de Secchi et Viganò. Ancienne friche ferroviaire aménagée en parc, offre des bords laissés très sauvages grâce à une météo humide, et réutilise des hangars de train pour en faire un centre d'art (pas fini) et des équipements, notamment une grande cafétéria et lieu d'expositions. Le parc est aujourd’hui le lieu de recréation et festivals d'été, vous pouvez voir plein de photos sur internet noires de gens! Les miennes, laissent voire mieux l'intervention des concepteurs.



Pour finir, on a été voir la Falconplein, une place aménagée par West 8 dans le cadre de leur projet de recomposition urbaine dans le quartier de prostitution Schipperskwartier pour lequel ils ont aussi fait un centre médical et d'aide aux prostituées, des logements et une caserne de police intégrées dans le même bâtiment. Ce projet est le résultat de tout un projet participatif de travail sur une nouvelle image du quartier. À cet effet, les habitants ont crée à partir des années 2000 une revue de quartier, organisé des repas communautaires, un festival, un marché...et donné beaucoup de communication et visibilité sur ce qui se passait en rapport à la rénovation du quartier. Les habitants ont participé aussi au projet de réaménagement des nouveaux parmi les existants, et crée le programme de la place. 

Au futur, je vais vous parler de plus en plus de participation citoyenne aux projets de réaménagements urbains.




31 de julio de 2011

Rivière de Madrid

Il y a quelques jours, je suis allée visiter le projet de Madrid río, pour varier un peu mes articles sur les espaces publics de Madrid. Comme je vous ait dit, les projets de rénovation d'espaces publics madrilènes sont caractérisés par des places dures et sans zones d'ombre.

Maintenant que j'ai vu la rivière de Madrid, on ne peux plus dire que tous les espaces publics qui ont subi des rénovations suivent ce modus operandi...il faut dire que tous les espaces publics non "vendeurs" (marketing urbain) son des zones de "passage", comme ils expliquent dans l'article de El Pais d'il y a un an. On dirait que les places où on peut vendre des choses, monter des marchés et zones de fête de marques de boissons, on les fait dures, et fonctionnelles, sans aucun attrait touristique (a part les marchandises). Par contre dans celles où on ne vend rien, où on se promène et on joue, sont "vendues" comme ville cool. La ville marchande et la périphérie pour sortir dans les revues et journaux. Bon, j’arrête de critiquer les stratégies urbaines et passer à expliquer le projet.

En tout cas, le résultat, fait "à la cowboy" et sans évaluation d'incidences environnementales (qui a été imposée pendant la réalisation) n'est pas mal. Les promeneurs peuvent y arriver en métro ou train (moi en train) et continuer à vélo (comme moi) ou à pied, en skate...et donc pour ce qui concerne l'accès ce n'est vraiment pas mal.

Le parcours que j'ai fait est de 8 km, depuis Principe Pío à Legazpi. Les aires de jeux, faites avec des troncs de bois (heureusement il n'y a quasi pas de jeux modulaires tous-faits...), s'alternent avec les pistes de promenade. Ces pistes sont curieusement partagées entre vélos, patineurs, promeneurs, ce à quoi on n'est pas trop habitués en Espagne. Ceci crée des "conflits", mais comme dirait l'architecte espagnol Andrés Jaque, des conflits naît la créativité.

Les zones vertes sont arrosées avec de l'eau non potable, comme signalé dans les panneaux parsemés dans le parc. Certaines de ces zones ve
rtes ont été critiquées par les ecologistas en acción parce que selon eux, i n'y a pas de substrat de terre suffisant pour les arbres et ils préconisent que ces arbres mourront ou qu'ils se dessécheront, "seule une constante substitution de milliers d'arbres pourra maintenir cette fausse image de forêt de rivière qui ne pourra pas exister par des raisons purement physiques". En tout cas, les arbres semblent être bien (il faudrait vérifier leur substrat) et il faudra voir leur évolution, comme celle de tout le parc et de la ville qui se penche sur la rivière. Vous pouvez voir d'autres photos sur mon flickr.


Pour finir, je veux remarquer le travail de oficina de gestión de muros (bureau de gestion de murs mitoyens et pignons) avec 2 œuvres importantes, une de Sam3 (qui m'avait aidé avec mes premiers pochoirs de espacio-apropiado) et l'autre du très connu Blu. Bon continuation à ce projet qui s'annonce déjà très intéressant.

30 de julio de 2011

Le sentier creusé, Bruxelles

Maintenant que j'ai fini mon Master en Urbanisme, je reprends ma vie..et mon blog! Je vais vous donner du froid et du chaud, avec une exposition de photo pour les jours de pluie à Bruxelles, et, dans un article qui suit, une balade pour les jours de soleil de Madrid.

L'exposition que j'ai visité est celle du photographe canadien Jeff Wall au Musée Bozar de Bruxelles, qui a pour titre "The crooked path". Moi j'ai voulu le découvrir, et pour ça je ne vous cacherai pas que je ne savais pas qu'il faisait partie de la tendance du conceptualisme, mais il suffit de voir l'expo pour comprendre le travail qui se trouve derrière chaque photo. Cette tendance promue la mise en scène photographique, comme s'il s'agissait d'un tableau, de ce fait, avec certains tableaux ou peut trouver des photos de référence à des tableaux de Delvaux, Manet ou mon adoré Hokusai.
source: Tate Modern
"The crooked path" est aussi le titre d'une de ses œuvres, et on pourrait le traduire comme le sentier creusé. La photo représente un de ces "sentiers des ânes" dont Le Corbusier parlait quand il voulait critiquer l'urbanisme "culturaliste". Le Corbusier ne trouvait pas de valeur en vouloir gardr l'imprévu, l'humain, et il promulguait un urbanisme de la ligne droite, rationnel et pragmatique , même si a la fin de sa vie il remettait certaines de ses affirmations en question. Jeff Wall trouve de la beauté dans ce sentier
"it's a little path made by its users, without a plan, in order to do something that the usual administration could not or did not do".

Wall, au lieu de se rapprocher à ces photographes qui captent les instants imprévus, moments sans "plan", il préfère reconstruire la réalité. Il préfère se mettre du coté de l'administration, comme lui l'appelle, qui ne sait pas prévoir ce qui va arriver. Mais lui prévoit, construit, et domine la scène, comme s'il s'agissait d'un set cinématographique.
source: Tate Modern
La célèbre photo Mimic (ci-haut), qui semble capter un instant de conversation non-verbale entre un homme avec sa femme et un autre que la regarde, est en réalité une construction, une mise en scène. Ce qui es curieux est de voir tout ça avec les contemporains de Wall, qui sont alternés en plusieurs salles de l'exposition, et qui sont des "capteurs d'instants", sans reconstruire des scènes. Au final , il y a peu de la spontanéité de la photo du sentier. On dirait que Wall valorise la spontanéité, en la reconstruisant, mais pas en la cherchant partout où il va. Les uns cherchent des chemins, et d'autres notamment Jeff Wall, les creusent.

Moi, humble photographe du weekend, je me sens plus fière quand je réussi à capter un de ces instants. Je préfère laisser la composition et recherche à mes amis artistes, non Alice? Je vous conseille d'aller voir aussi l'expo "Beyond the document" dans le même Bozar, qui n'a rien à voir, mais c'est tout de même de la photo.

5 de junio de 2011

La fabrique d'un espace public, Bruxelles

Aujourd'hui, lors de la fête des voisins, les gens de Citymine(d) se sont installés près de chez moi, dans la vallée du Maelbeek, pour réfléchir avec les voisins et passants sur l'avenir du terrain vague à l’arrêt de bus Senghor.

Il s'agit d'un terrain vague stratégique parce qu'il communique avec le Parc Lépold, et avec l'avenue du Maelbeek, dernière trace de cette rivière, autour de la quelle s'organisent les États Généraux de l'eau et Maelbeek mon amour.



C'est un terrain vide depuis très longtemps, autour duquel plusieurs réflexions se sont faites. Les voisins desirent pourvoir garder cette communication avec le parc Lépold, ce que le bureau MS-a de Benoît Moritz, a proposé, en lien aussi avec la sortie arrière de la gare de train Luxembourg.

Mais les voisins attendent encore dans les doutes, quel est exactement le projet? Il aura des appartements ou pas? Il y aura toujours un parc? accessible depuis l'avenue du Maelbeek? quel genre d'entrée? fermée la nuit ou pas?

En surtout, dans "l'entre-temps", peuvent les voisins s'occuper du terrain comme jardin partagé? Cyril du Début des Haricots était là pour cuisiner sur la cuisine mobile que j'avais aidé à construire pour la Zinneke Parade. Les voisins proposent une convention temporaire pour cette période de mise en place du projet final, comme on avait fait à Madrid avec Esta es una plaza.

19 de marzo de 2011

Appropriation du soleil, Bruxelles


Les jours de beau temps commencent, les habitants s'approprient l'espace ensoleillé car à l'ombre il fait encore frisquet...



Et pour finir, dans ma rue les plus organisés, avec petite table pour le thé, des fleurs et tout. Je ne veux rien suggérer mais ils étaient espagnols...

29 de enero de 2011

Conférence "vers un usage rationnel du territoire", Madrid

L'autre jour je suis allée à une conférence qui fait partie d'un cycle sur comment pourrait-on faire un usage rationnel et soutenable du territoire en Espagne. La séance expliquait les excès territoriaux du développement urbain espagnol et quel nouveau paradigme devrait-on appliquer.

J.M. Ezquiaga, architecte, sociologue et urbaniste, introduit les concepts de globalisation et déterritorialisation actuels sans trop s'attarder. Il explique par contre la nécessité de trouver des nouveaux paradimes urbanistiques via la ré-interprétation de certains concepts. Entre ce concepts, il explique la différence entre la compacité la continuité et la densité, très souvent confondus. Dans le cas de Barcelone, elle est posé comme exemple des trois mais en réalité, selon Ezquiaga, elle a perdu la continuité dans des nouveaux developpements qui cassent la trame urbanistique. Los Angeles par exemple, est continue mais de faible densité, donc l'un n'implique nécessairement l'autre.
Dans le cas de Madrid, les nouveaux développements suburbains ont adopté un modèle de dispersion typiquement anglophone à une échelle jamais vue en Espagne. Dans l'expo du Bozar de il y a quelques mois, Construire Bruxelles, ils expliquaient que Madrid a doublé sa surface en 10 ans. Doublé! Ezquiaga explique aussi que le taux de km de infrastructures par habitant à Madrid a quasi rejoint celui des Pays Bas qui est le plus élevé de Europe.

Les conférenciers coïncident en signaler que c'est absurde de construire plus de appartements des nécessaires, et que ça génère une dette énorme envers l'Europe (qui prête l'argent) et fabrique des km de routes qui ne conduisent nulle part, ou dans un lotissement à moitié fini. En conclusion, ils proposent travailler avec ce qui existe, sans artificialiser d'autres territoires, et mettre en relation urbanisme et société.

Le Plan Régional comme expression d'un compromis réciproque entre l'Administration et les citoyens, du point de vue du développement durable.