En commençant par les gens. J'ai connu récemment un blog espagnol fauna mongola de Madrid qui analyse les spécimens humains étranges qu'on peut trouver à Madrid, en faisant leur dessin-portrait mais aussi leur description. J'ai reconnu tout-de-suite chaque élément, vérifiant non seulement leur existence mais aussi leur multiplication et prolifération en période de fêtes.
image du blog Fauna mongola de Madrid
Quel est le rapport de tout ça avec l'usage de l'espace public? Tout. Essayez seulement de bouger dans les rues de la capitale espagnole en contournant des gens avec des rennes sur la tête, des perruques de trans (ne me demandez pas quel est leur rapport avec Noël...) et enfants émettant des sons indescriptiblement aigus face au regard impassible de leurs parents, et dites-moi quel est l'usage qu'on peut faire de la rue, mis à part celui de chercher rapidement une sortie. D'autres pratiques de l'espace public, comme celles que je reprends dans ce blog, notamment déjeuner dans la rue, lire tranquillement ou patiner, ne me semblent pas compatibles avec la faune qui peuple le centre de la ville dans cette période. Soit tu fais partie de la fête et tu achètes, soit tu meurs.
En parlant d'acheter, un autre élément bizarre s'ajoute. J'ai participé il y a quelque temps au concours urbanacción pour proposer des idées d'occupation temporaire d'espaces vides dans les villes contemporaines. Les usages proposées devaient complémenter les activités existantes dans la zone. Entre les propositions des concourants, il y avait des aires de jeux pour enfants et/ou adultes, cinéma en plein air, terrains sportifs, expositions d'art, aires de repos...mais aucune (il y en avait plus de 300) comme celle que j'ai vu à Madrid dans un terrain vague bien connu par sa longévité: une galerie commerçante temporaire quelconque.
Évidemment ça devait être du commerce! Pour quoi dépenser de l'argent pour transformer des terrains vagues si on ne tire aucun "profit"? Comme si le bien-être des habitants n'était pas récompense suffisante pour si petit investissement. On ne pourrait pas faire des aires de repos pour les consommateurs fatigués? Personne ne pense aux grand-mères qui achètent les cadeaux de leurs petits-enfants? Elles auraient seulement la possibilité de se reposer dans un bar (en consommant)? Même moi, qui allait seulement dans une papeterie et dans la librairie Panta Rhei (que je vous recommande) j'ai dû m'arrêter me reposer auprès du seul arbre de Madrid auquel ils se sont daignés de mettre un bord suffisamment haut pour pouvoir s'y asseoir sans manger ses propres genoux (tel est le cas du solitaire arbre de la Place Callao dont le bord fait 15cm de hauteur).
Pour finir, je vous laisse un article (en espagnol, mais vous pouvez le traduire) du journal El Pais qui décrit la façon dont les espaces publics de Madrid ont été remodelées pour inclure la fonction commerciale et tirer profit (moyennant les taxes aux vendeurs, malgré des profits plutôt bas) et non pas pour le bien-être de ses usagers. Le truc incroyable, n'est pas que ça sorte seulement maintenant, même si ça fait longtemps qu'on se plaigne, mais qu'il n'y a plus de remède à cela. On devra sortir à nouveau déjeuner, comme "protestation pacifique".













































