Maintenant que je réfléchis au meeting Leonardo Local Squares, je réalise qu'entre Basurama, Esta es una Plaza et moi, nous avons réussi à montrer aux gens du réseau Local Squares, du programme Long Life Learning Leonardo Partnership, une bonne partie de l'effervescente activité des collectifs espagnols qui travaillent avec la coproduction de l'espace public.
Les médias on déjà beaucoup parlé des collectifs espagnols, faisant la comparaison avec des collectifs similaires en Europe, notamment Raumlabor, Atelier d'Architecture Autogérée, Exyzt, esterni... Mais les rencontres Arquitecturas Colectivas organisées depuis quelques années pour débattre différentes méthodes d'intervention dans des espaces publics publics/ abandonnés/oubliés/disputés, montrent que ce qui se passe en Espagne n'est pas dû au hasard. Les groupes espagnols ont un regard tout particulier face à des thèmes politiques, économiques et culturels qui les différencie des groupes européens où le contexte en rapport à ces thèmes n'est pas le même. Pour cela, expliquer aux allemands, hollandais, autrichiens de Leonardo ce qui se passe en Espagne, n'a pas été facile à faire.
Bien que la crise de 2008 a contribué à la multiplication de collectifs plus ou moins artistiques, servant ceux-ci de débouchée professionnelle à des jeunes bureaux d'architectes sans travail en vue, bien avant la crise, ce phénomène existait. Les bureaux Recetas urbanas et Basurama proposaient, déjà en 2000, recycler toits de bâtiments, interstices urbains, ou déchets ménagers et industriels pour palier au manque d'espaces de jeux, habitat, rencontre, ou pour proposer une forme non-marchande d'utilisation de l'espace public. Ainsi, une bonne partie des revendications des collectifs espagnols ont un fond social, en réponse au manque de propositions de création de lieux d'interaction sociale de la part des administrations.
C'est ce qu'on a expliqué pendant le meeting Local Squares à Madrid, c'est à dire, que si bien on prend la crise comme une opportunité de développer la créativité citoyenne, celle-ci existait au préalable, et elle répondait déjà aux besoins du citoyen et/ou du marché. Esta es una Plaza par exemple, avait commencé avec un workshop d'actions urbaines, organisé par Urbanacción en collaboration avec esterni de Milan. Dans le workshop, on prenait comme référence les interventions urbaines d'autres collectifs européens, adaptées au contexte de Madrid qui est à défaut de petites zones vertes proches des citoyens (pocket parks ou espaces verts accessibles). Les participants du workshop, on a collaboré avec les voisins pour créer une zone verte avec un potager, un théâtre, des hamacs, et une pétanque. Le projet s'est terminé là, mais les voisins ont pris les commandes et ils ont transformé l'espace (après démolition par l’administration), de façon à le faire devenir aujourd'hui un exemple d'autogestion et de négociation avec le service d'Urbanisme.
Alberto Nanclares, de Basurama, nous a fait faire le tour de places qui ne sont pas conçues pour se les utiliser qui avaient été rénovées, mais avec quasi pas de zones vertes, d'ombre ou de jeux. La multiplication de ces places, explique en partie initiatives comme celle d'Esta es una plaza, dans laquelle les voisins s'organisent pour créer ce que l'administration ne fait pas, bien par manque d'argent, ou volonté de gérer les espaces verts et de jeux (qu'il faut arroser, contrôler...). Face au manque d'équipements (entendant la place comme un équipement public) appropriés et appropriables, on pratique le DIY, le "faites-le vous-même". Un élément à noter de la visite, est le fait que les allemands ont été fortement surpris avec le présence de la Police et les caméras de vigilance dans chacune des places qu'on a visité. Ils ont senti plus d'insécurité que de tranquillité. Qu'est-ce qu'ils contrôlent? quels usages contrôlent/empêchent? quels usagers ils ciblent? Moi j'ai pu seulement les raconter les aventures des Desayunos en la Luna, des déjeuners partagés dans l'espace public, par lesquels la Police passait régulièremewnt contrôler qu'one ne vendait rien, ou qu'on était pas "trop de monde" (qu'est-ce qu'il y a de mal à être beaucoup dans une place qui en a la capacité?...).
Le Campo de Cebada, qu'on a visité avec les gens de Local Squares,
réponds mieux au modèle de collectif naît à partir de la crise. Le terrain vague crée après démolition du centre sportif de la Latina,
est resté (à partir de la crise) sans fonds pour être reconstruit, laissant l'opportunité d'être occupé temporairement par des collectifs espagnols. Se crée ainsi un projet socio-culturel, évolutif et construit le jour à jour, qui est devenu aussi un exemple d'autogestion et contestation face au manque de propositions effectives de loisirs non-marchands pour l'usage de l'espace public.
Avec ces exemples, le projet de Tabacalera et les discussions internes, je crois que les "Leonardos" rentrent chez eux avec un bon panneau explicatif du contexte espagnol et du traitement de l'espace public qui se fait par les trois acteurs principaux: aministration, mediateurs (culturels, associations...) et citoyens. On verra ce qui se passe à Vienne à la prochaine réunion!
Avec ces exemples, le projet de Tabacalera et les discussions internes, je crois que les "Leonardos" rentrent chez eux avec un bon panneau explicatif du contexte espagnol et du traitement de l'espace public qui se fait par les trois acteurs principaux: aministration, mediateurs (culturels, associations...) et citoyens. On verra ce qui se passe à Vienne à la prochaine réunion!













































